Quelques
suggestionspour la lecture des sutta par John
Bullit
Lorsque
vous lisez un sutta, gardez à l'esprit que vous écoutez aux
portes du Bouddha alors qu'il est en train d'enseigner à quelqu'un
d'autre.
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Le
Canon pali comprend plusieurs milliers de suttas (discours), dont
plus de 700 sont désormais disponibles en traduction anglaise sur
Access to Insight Lorsqu'on fait face à une telle quantité de
richesses, trois questions viennent naturellement à l'esprit :
Pourquoi devrais-je lire les suttas?
Quels suttas devrais-je lire?
Comment devrais-je les lire?
Il n'y a pas de réponses universelles et définitives à ces questions;
en fin de compte, il faudra que vous trouviez les vôtres. Néanmoins, je
vous offre ici quelques idées, suggestions, et conseils que j'ai
moi-même trouvés utiles au cours des ans, dans ma propre exploration
des suttas. Peut-être vous seront-ils utiles à vous aussi.
Pourquoi devrais-je lire les suttas?
Ils sont la source première des enseignements du Bouddhisme Théravada.
Si vous êtes intéressé d'explorer les enseignements du Bouddhisme
Théravada, alors le Canon pali -- et les suttas qu'il comprend -- est
la bonne direction vers laquelle se tourner pour un avis et un soutien
d'autorité. Pas besoin de vous préoccuper de savoir si les suttas ont
été ou pas vraiment prononcés par le Bouddha historique (personne ne
pourra jamais le prouver ni dans un sens ni dans l'autre). Gardez
simplement à l'esprit que les enseignements qu'ils contiennent ont été
pratiqués -- avec un succès apparent -- depuis plus de 2600 ans. Si
vous voulez savoir si ces enseignements fonctionnent ou pas, alors
étudiez les suttas et mettez leurs enseignements en pratique et
découvrez par vous-même.
Ils constituent un corps d'enseignements complet.
Les enseignements des suttas, pris dans leur ensemble, présentent une
carte routière complète au voyageur de la Voie, depuis son état courant
de maturité spirituelle jusqu'à l'objectif final. Peu importe ce que
votre état courant puisse être (sceptique non engagé, dilettante,
pratiquant laïc dévot, ou moine ou nonne célibataires), Il y a quelque
chose dans les suttas pour vous aider à progresser d'un pas de plus sur
la voie vers le but. Plus vous en lirez en long et en large dans le
Canon pali, et plus il sera possible que vous ressentiez moins le
besoin d'emprunter des enseignements à d'autres traditions
spirituelles, vu que les suttas contiennent pratiquement tout ce que
vous devez savoir.
Ils constituent un corps d'enseignements auto-consistant.
Les enseignements dans le Canon sont en très grande partie
auto-consistants, caractérisés par un seul goût - celui de la
libération. Cependant, à mesure de votre parcours au travers des
suttas, il est possible que, de temps en temps, vous tombiez sur des
enseignements qui remettront en question -- voire contrediront
carrément -- votre présente compréhension du Dhamma. En réfléchissant
profondément sur ces pierres d'achoppement, les conflits se résolvent
au moment où se pointe un nouvel horizon de l'entendement. Par exemple,
vous pourriez conclure à la lecture d'un sutta que votre pratique
devrait être d'éviter tout désir. Mais à la lecture d'un autre , vous
apprendrez que le désir lui-même est un facteur nécessaire de la Voie.
Ce n'est qu'après réflexion qu'il deviendra clair que ce à quoi le
Bouddha veut en venir, c'est qu'il y a différentes sortes de désirs, et
que certaines choses valent vraiment le coup qu'on les désire -- en
particulier l'extinction de tout désir. Quand vous arrivez là, votre
entendement prend une nouvelle expansion dans un territoire qui peut
facilement comprendre les deux suttas, et l'apparente contradiction
s'évapore. Au fil du temps, vous apprenez à reconnaître ces "conflits"
apparents non plus en tant qu'inconsistances entre les suttas
eux-mêmes, mais en tant qu'indication que les suttas vous ont amenés
jusqu'à une des limites de votre propre entendement. A vous de
traverser cette limite.
Comment devrais-je lire un sutta?
*Il n'existe rien de tel qu'une traduction "définitive".
N'oubliez pas que le Canon pali a été enregistré en pali, et pas en
anglais, (ni en français).Jamais au cours de sa carrière le Bouddha n'a
jamais parlé de "souffrance" ou "d'illumination"; il parlait au
contraire de choses telles que dukkha et nibbana. Gardez aussi en tête
que chaque traduction anglaise a été filtrée et produite par un
traducteur -- quelqu'un qui est inextricablement inscrit dans sa propre
culture à un moment particulier dans le temps, et dont l'expérience et
l'entendement colorent inévitablement sa traduction. (Les traductions
britanniques des suttas de la fin du XIX° et du début du XX° siècles
nous paraissent souvent mornes et lourdes, aujourd'hui; dans cent ans,
ces traductions que nous apprécions aujourd'hui paraîtront sans le
moindre doute tout aussi archaïques.) La traduction, tout comme les
tentatives du cartographe à projeter la terre ronde sur une feuille
plate de papier, est un art imparfait.
Il vaut probablement mieux ne pas vous mettre trop à l'aise avec une
traduction en particulier, que ce soit d'un mot ou de tout un
sutta.../...Rappelez-vous que toute traduction n'est qu'une béquille
pratique, mais provisoire, dont vous devrez vous servir jusqu'à ce que
vous puissiez en arriver à une compréhension de première main des idées
qu'elle décrit.
Si vous êtes vraiment sérieux dans votre entendement de ce dont parlent
les suttas, il faudra que vous retroussiez vos manches et que vous
appreniez le pali. Mais il y a encore mieux: lisez les traductions et
mettez les enseignements qu'ils contiennent en pratique jusqu'à en
obtenir les résultats promis par le Bouddha. La maîtrise du pali n'est,
fort heureusement, pas un prérequis à l'Eveil.
* Aucun sutta ne contient tous les enseignements.
Pour tirer le maximum du Canon, explorez de nombreux suttas différents,
pas seulement quelques uns choisis. Les enseignements sur l'attention,
par exemple, quoique précieux, ne représentent qu'une toute petite
partie de l'ensemble des enseignements du Bouddha. Au pifomètre: chaque
fois que vous croyez que vous comprenez ce dont parlent les
enseignements du Bouddha, c'est un bon indice qu'il faut que vous
approfondissiez.
* Ne vous préoccupez pas pas de savoir si un sutta contient vraiment ou
non les propres mots du Bouddha historique.
Il n'existe aucun moyen de le prouver ou de l'infirmer. Contentez-vous
de lire les suttas, d'en mettre les enseignements en pratique du mieux
que vous pourrez, et voyez ce qui arrive. Vous n'avez rien à perdre.
* Si vous aimez un sutta, relisez le.
Vous tomberez parfois sur un sutta qui vous accroche d'une manière
quelconque lorsque vous le lisez pour la première fois. Ayez confiance
en cette réaction et relisez le; cela signifie à la fois que le sutta a
quelque chose de précieux à vous apporter, et que vous êtes mûr(e) pour
recevoir l'enseignement qu'il offre. Relisez de temps en temps les
suttas que vous vous rappelez avoir aimés il y a quelques mois ou
quelques années. Vous pourriez y découvrir quelques nuances que vous
aviez négligées auparavant.
* Si vous n'aimez pas un sutta, relisez le.
Vous tomberez parfois sur un sutta qui est juste carrément irritant.
Ayez confiance en cette réaction; cela signifie que le sutta a quelque
chose de précieux à vous apporter, même si vous n'êtes pas encore tout
à fait prêt(e) pour lui. Mettez un marque-page là et mettez le sutta de
côté pour le moment. Reprenez-le dans quelques semaines, mois, ou
années, et essayez encore. Peut-être qu'un jour vous tilterez dessus.
* Si un sutta est ennuyeux, confus, ou qu'il n'apporte aucune aide,
mettez-le simplement de côté.
Selon vos intérêts du moment et la profondeur de votre pratique, vous
pourriez trouver qu'un sutta donné reste incompréhensible ou bien qu'il
a l'air particulièrement ennuyeux et gonflant. Mettez-le tout
simplement de côté pour le moment, et essayez-en un autre. Continuez
d'essayer jusqu'à ce que vous en trouviez un qui opère une connexion
directe et personnelle.
* Un bon sutta est celui qui vous inspire de cesser de le lire.
Tout l'intérêt de lire des suttas est de nous inspirer de développer
les vues correctes, de vivre une vie droite et de méditer correctement.
De sorte que si, en lisant, vous ressentez un besoin de plus en plus
fort de poser le livre, d'aller vous asseoir dans un endroit
tranquille, de fermer les yeux et d'observer votre respiration, ben
faites le! Le sutta aura alors rempli son rôle. Il sera encore là quand
vous y reviendrez plus tard.
* N'ignorez pas les répétitions.
De nombreux suttas contiennent des passages répétitifs. Lisez le sutta
comme vous le feriez d'une pièce de musique: lorsqu'on chante ou qu'on
écoute une chanson, on ne passe pas par-dessus tous les refrains; de
même, quand vous lirez un sutta, n'évitez pas de répéter les refrains.
Comme en musique, les refrains dans les suttas contiennent souvent de
légères variations insoupçonnées -- et importantes -- qu'il ne faut pas
manquer.
* Discutez du sutta avec un ami ou deux.
En partageant vos observations et réactions avec un ami, tous deux
pouvez développer votre entendement du sutta. Considérez la possibilité
de former un groupe informel d'étude des suttas. Si vous avez des
questions qui traînent sur un sutta, demandez à un enseignant
expérimenté et de confiance pour qu'il vous guide. Consultez les moines
et les nonnes plus anciens, vu que leur perspective spécifique sur les
enseignements peut souvent vous aider à passer à travers les bouchons
de la confusion.
* Qu'ont dit les autres sur ce sutta.
Il est toujours utile de lire ce que les commentateurs -- les
contemporains et les anciens -- ont à dire sur les suttas. Certains
trouvent que les commentaires typiques du Tipitaka -- en particulier
ceux de l'écrivain médiéval Buddhaghosa -- sont utiles. Une partie
d'entre eux sont disponibles en traduction anglaise chez la Pali Text
Society et la Buddhist Publication Society. Certains préfèrent les
commentateurs plus contemporains, comme ceux qui ont été écrits dans la
Wheel Publications de la Buddhist Publication Society. De nombreux
livrets et articles remarquables ont été écrits par des auteurs tels
que les Véns. Bodhi, Khantipalo, Ñanamoli, Narada, Nyanaponika, Soma,
et Thanissaro. Vous trouverez peut-être aussi un intérêt dans les
excellentes notes d'introduction et de bas-de-page du The Middle Length
Discourses of the Bouddha (Boston: Wisdom Publications, 1995) de
Bhikkhu Bodhi, et du The Long Discourses of the Bouddha (Boston: Wisdom
Publications, 1987) de Maurice Walshe. Lisez aussi ce qu'écrivent les
maîtres de la Tradition thai de la forêt, car ils offrent des
perspectives rafraîchissantes et spécifiques sur les suttas qui sont
bien enracinées dans une profonde expérience de la méditation.
* Donnez au sutta le temps de mûrir.
Peu importe l'utilité du message que vous aurez trouvé dans le sutta,
peu importe la satisfaction que vous aurez retirée du goût qu'il vous a
laissé, laissez les croître et se développer au cours de votre pratique
de la méditation et de votre vie. Ne tentez pas de résoudre ou de
"faire" un sutta comme si c'était un mot croisé. Donnez lui le temps de
mijoter derrière votre tête. Avec le temps (va, tout s'en va), les
idées, les impressions, et les attitudes induites par le sutta vont
infuser graduellement dans votre conscience, informant ainsi votre
façon de voir le monde. Un jour vous pourrez même vous retrouver au
milieu d'une expérience par ailleurs très ordinaire et quotidienne
lorsque soudain, le souvenir d'un sutta que vous aurez lu il y a
longtemps vous bondira en mémoire, portant avec lui un puissant
enseignement dharmique qui sera exactement approprié au moment.
Pour faciliter ce lent processus de maturation, laissez-vous plein
d'espace pour les suttas. Ne mêlez pas vos lectures de suttas avec vos
autres activités, et ne lisez pas trop de suttas en même temps. Faites
de l'étude des suttas une activité spécifique, contemplative, qui
devrait également être une expérience agréable. Si vous trouvez que ça
devient sec et irritant, mettez la de côté, et essayez à nouveau
quelques jours, semaines ou mois après. Lorsque vous finissez de lire
un sutta, ne replongez pas tout de suite dans vos activités
besogneuses; prenez du temps après pour une petite méditation de
respiration, pour donner au coeur la chance de se refroidir afin de
pouvoir parfaitement absorber les enseignements.
Lorsque vous lisez un sutta, gardez à l'esprit que vous écoutez aux
portes du Bouddha alors qu'il est en train d'enseigner à quelqu'un
d'autre. Au contraire de plusieurs des contemporains du Bouddha,
appartenant à d'autres traditions spirituelles, et qui pouvaient
souvent adhérer à une doctrine donnée en répondant à chaque question ,
le Bouddha ajustait les principes de base de ses enseignement aux
besoins spécifiques de son auditoire. Il est donc important de
développer une sensibilité au contexte d'un sutra, pour voir de quelle
manière la situation de l'auditeur du Bouddha est similaire à la nôtre,
de façon à pouvoir jauger de comment appliquer le mieux les paroles du
Bouddha à notre propre situation personnelle.
Il peut être utile de garder certaines questions en mouvement derrière
la tête pendant qu'on lit, autant pour aider à comprendre le contexte
du sutta et aider à s'accorder aux différents niveaux d'enseignements
qui se développent souvent simultanément. Rappelez-vous: ces questions
n'étaient pas destinées à vous transformer en spécialiste de la
littérature; leur but est simplement de vous aider à faire vivre chaque
sutta
* Quel est le cadre?
Le paragraphe d'ouverture (qui commence habituellement par, "Ainsi
l'ai-je entendu...") met le sutta en scène. Est-ce que ça se passe dans
un village, dans un monastère En quelle saison est-on? Quels événements
ont lieu en arrière-plan? Lorsqu'on se fixe ces détails en tête, ça
permet de se rappeler que ce sutta décrit des événements réels survenus
à des personnes réelles -- comme vous et moi. Cela permet de faire
revivre réellement le sutta.
* Quelle est l'histoire?
Un sutta pourra offrir peu de choses en matière d'histoire narrative ,
alors qu'un autre sera rempli de pathos et de théâtralité, et il pourra
même parfois ressembler à une histoire courte. Comment l'histoire
elle-même renforce-t-elle les enseignements présentés dans le sutta?
* Qui commence l'enseignement?
Est-ce le Bouddha qui prend l'initiative , ou est-ce quelqu'un qui
vient lui poser des questions ? Dans ce dernier cas, y a-t-il des
non-dits ou des attitudes qui se cachent derrière? Quelqu'un vient-il
trouver le Bouddha dans l'intention de le battre dans un débat ? Ces
considérations peuvent vous donner un sentiment de motivation derrière
les enseignements, et de la réceptivité de l'auditeur aux paroles du
Bouddha. Avec quelle attitude vous approchez vous de ces enseignements?
* Qui enseigne?
Est-ce le Bouddha , un de ses disciples, ou les deux ? Est-il ou
est-elle ordonné(e) ou est-ce un laïc ou une laïque? Quelle est la
profondeur de la compréhension de l'enseignant (par ex., est-il ou elle
"simplement" quelqu'un qui est entré dans le courant , ou s'agit-il
d'un arahant )? Même s'il est souvent difficile de le déterminer à
partir de la lecture du sutta, avoir une connaissance de l'arrière-plan
et des références de l'enseignant peut aider à jauger le niveau des
enseignements qu'il ou elle a à offrir. Lire les commentaires et
discuter de ces questions avec des spécialistes ou des membres du
Sangha peut se révéler utile, ici.
* A qui sont destinés les enseignements?
Est-ce pour un moine , une nonne , ou un disciple laïc ? S'agit-il
d'une grande assemblée ou d'un individu ? Ou s'agit-il des disciples
d'une tout autre religion ? Quelle est la profondeur de leur
compréhension? Si le public est constitué d'entrants dans le courant
qui aspirent à l'état d'arahant, les enseignements présentés peuvent
être considérablement plus avancés que si le public n'a jamais eu
auparavant le moindre aperçu des enseignements du Bouddha . Ceci peut
être utile lorsqu'il s'agit de déterminer si ces enseignements
spécifiques vous conviennent.
* Quelle est la méthode de présentation?
S'agit-il d'une leçon formelle, d'une session de questions et réponses
, de la répétition d'une vieille histoire , ou simplement d'un verset
inspiré ? L'enseignant dispense-t-il son instruction seulement grâce au
contenu des enseignements ou est-ce que la façon -même dont il traite
ses auditeurs fait partie du message ? La grande variété des styles
d'enseignement employés par le Bouddha et ses disciples montre qu'il
n'existe pas de méthode fixe pour enseigner le Dhamma; la méthode à
utiliser dépend des exigences spécifiques de la situation et de la
maturité spirituelle du public.
* Quel est l'enseignement essentiel?
En quoi l'enseignement correspond-il au triple système progressif
d'entraînement du Bouddha: Est-il d'abord focalisé sur le développement
de la vertu , de la concentration , ou de la sagesse ? La présentation
est-elle consistante avec ce qui est donné dans les autres suttas ?
Comment cet enseignement s'insère-t-il dans votre "carte routière" des
enseignements du Bouddha? Correspond-il proprement avec votre état
précédent de compréhension, ou remet-il en question quelques unes de
vos croyances fondamentales à propos du Dhamma?
* Comment est-ce que ça finit?
L'Auditeur atteint-il l'Eveil juste là et à ce moment-là , ou lui
faut-il attendre encore un peu après avoir entendu les enseignements ?
Quelqu'un se "convertit"-il à la voie du Bouddha, ainsi qu'il est
montré par le passage standard, "Magnifique! Magnifique! C'est comme
s'il avait redressé ce qui était renversé..." ? Parfois, le simple
geste de souffler une chandelle suffit à amener quelqu'un au plein
Eveil ; parfois le Bouddha lui-même ne peut arriver à aider quelqu'un à
surmonter son mauvais kamma passé . Les diverses issues des suttas
permettent d'illustrer l'extraordinaire pouvoir et complexité de la loi
du kamma.
* Qu'est-ce que ce sutta peut m'offrir ?
Ceci est la plus importante question de toutes, car cela nous défie de
prendre le sutta à coeur. Après tout, c'est le coeur qu'il faut
transformer par ces enseignements, pas l'intellect.
Source Canon Pali.org
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