CULASUNNATA
SUTTA
***
Verset 25.1
Ainsi
ai-je entendu: Une fois, le Bienheureux séjournait à la résidence
monastique fondée par Migara-Mata, dans le monastère de l'Est, près de
la ville de Savatthi.Un après-midi, s'étant levé de sa méditation
solitaire, l'Ayasmanta Ananda s'approcha du Bienheureux. S'étant
approché, il rendit hommage au Bienheureux et s'assit à l'écart sur un
côté.
Verset 25.2
S'étant assis à l'écart sur un côté,
l'Ayasmanta Ananda dit au Bienheureux: Une fois, ô Bienheureux, vous
étiez dans le bourg des Sakyas appelé Nagaraka au pays des Sakyas. En
ce temps-là, j'ai entendu, étant en face de lui, le Bienheureux qui
disait: "Moi, ô Ananda, en demeurant dans la vacuité, maintenant j'y
demeure davantage." Je pense, ô Bienheureux, que j'ai entendu ainsi
correctement, que j'ai compris ainsi correctement.
Verset 25.3
Le
Bienheureux dit: Certainement, ô Ananda, ce que vous avez entendu ainsi
est correct; ce que vous avez compris ainsi est correct. Maintenant,
tout comme avant, en demeurant dans la vacuité, j'y demeure davantage.
Verset 25.4
Tout
comme cette résidence monastique fondée par Migara-Mata est vide
d'éléphants, de vaches, de chevaux, de juments, est vide d'or et
d'argent, est vide d'assemblées d'hommes et de femmes. Seulement elle
est non vide du caractère unique fondé sur l'Ordre des moines.
Verset 25.5
De
même, ô Ananda, un disciple, sans se concentrer sur la perception
concernant le village, sans se concentrer sur la perception concernant
les êtres humains, se concentre sur le caractère unique fondé sur la
perception concernant la forêt. Sa pensée plonge dans la perception
concernant la forêt. Sa pensée s'y plaît, sa pensée s'y établit, sa
pensée s'y libère.
Verset 25.6
Alors, il sait: "Ici, il
n'existe pas de soucis qui se produisent à cause de la perception
concernant le village. Ici, il n'existe pas de soucis qui se produisent
à cause de la perception concernant les êtres humains. Ici, il y a
seulement des soucis qui se produisent à cause du caractère unique de
la pensée fondée sur la perception concernant la forêt."
Verset 25.7
Alors
il sait: "Cette aperception est vide de la perception concernant le
village. Cette aperception est vide de la perception concernant les
êtres humains. Elle est non vide seulement du caractère unique fondé
sur la perception concernant la forêt." De cette façon, s'il n'y a pas
une chose, il constate bien cette absence. S'il y a un résidu, à propos
de ce résidu, il comprend: "Quand ceci est, cela est." Ainsi, ô Ananda,
pour ce disciple, c'est aussi l'arrivée dans une vacuité qui est vraie,
non fausse et pure.
Verset 25.8
Et encore, ô Ananda, un
disciple, sans se concentrer sur la perception concernant les êtres
humains, sans se concentrer sur la perception concernant la forêt, se
concentre sur le caractère unique fondé sur la perception concernant la
terre.
Verset 25.9
Tout comme, ô Ananda, une peau de
boeuf, bien étendue par cent chevilles, dont la graisse a disparu, de
même, ô Ananda, un disciple, sans se concentrer sur les choses
terrestres comme les hautes terres et les marécages, les rivières, les
arbres portant des branches et des épines, etc., les montagnes et les
vallées, etc., se concentre sur le caractère unique fondé sur la
perception concernant la terre. Sa pensée plonge dans la perception
concernant la terre. Sa pensée s'y plaît. Sa pensée s'y établit. Sa
pensée s'y libère.
Verset 25.10
Alors il sait: "Ici, il
n'existe pas de soucis qui se produisent à cause de la perception
concernant les êtres humains. Ici, il n'existe pas de soucis qui se
produisent à cause de la perception concernant la forêt. Ici, il y a
seulement des soucis qui se produisent à cause du caractère unique de
la pensée fondée sur la perception concernant la terre."
Verset 25.11
Alors,
il sait: "Cette aperception est vide de la perception concernant les
êtres humains. Cette aperception est vide de la perception concernant
la forêt. Elle est non vide seulement du caractère unique fondé sur la
perception concernant la terre."
Verset 25.12
De cette
façon, s'il n'y a pas une chose, il constate bien cette absence. S'il y
a un résidu, à propos de ce résidu, il comprend: "Quand ceci est, cela
est." Ainsi, ô Ananda, pour ce disciple, c'est aussi l'arrivée dans une
vacuité qui est vraie, non fausse et pure.
Verset 25.13
Et
encore, ô Ananda, un disciple, sans se concentrer sur la perception
concernant la forêt, sans se concentrer sur la perception concernant la
terre, se concentre sur le caractère unique fondé sur la perception
concernant la " sphère de l'espace infini". Sa pensée plonge dans la
perception concernant la "sphère de l'espace infini". Sa pensée s'y
plaît. Sa pensée s'y établit. Sa pensée s'y libère.
Verset 25.14
Alors
il sait: Ici, il n'existe pas de soucis qui se produisent à cause de la
perception concernant la forêt. Ici, il n'existe pas de soucis qui se
produisent à cause de la perception concernant la terre. Ici, il y a
seulement des soucis qui se produisent à cause du caractère unique de
la pensée fondée sur la perception concernant la sphère de l'espace
infini."
Verset 25.15
Alors, il sait: Cette aperception
est vide de la perception concernant la forêt. Cette aperception est
vide de la perception concernant la terre. Cette aperception est non
vide seulement du caractère unique fondé sur la perception concernant
la "sphère de l'espace infini".
Verset 25.16
De cette
façon, s'il n'y a pas une chose, il constate bien cette absence. S'il y
a un résidu, à propos de ce résidu, il comprend: "Quand ceci est, cela
est." Ainsi, ô Ananda, pour ce disciple, c'est aussi l'arrivée dans une
vacuité qui est vraie, non fausse et pure.
Verset 25.17
Et
encore, ô Ananda, un disciple, sans se concentrer sur la perception
concernant la terre, sans se concentrer sur la perception concernant la
" sphère de l'espace infini ", se concentre sur le caractère unique
fondé sur la perception concernant la " sphère de la conscience
infinie". Sa pensée plonge dans la perception concernant la " sphère de
la conscience infinie". Sa pensée s'y plaît. Sa pensée s'y établit. Sa
pensée s'y libère.
Verset 25.18
Alors il sait: Ici, il
n'existe pas de soucis qui se produisent à cause de la perception
concernant la terre. Ici, il n'existe pas de soucis qui se produisent à
cause de la perception concernant la "sphère de l'espace infini". Ici,
il y a seulement des soucis qui se produisent à cause du caractère
unique de la pensée fondée sur la perception concernant la "sphère de
la conscience infinie".
Verset 25.19
Alors il sait: Cette
aperception est vide de la perception concernant la terre. Cette
aperception est vide de la perception concernant la "sphère de l'espace
infini". Cette aperception est non vide seulement du caractère unique
fondé sur la perception concernant la "sphère de la conscience infinie".
Verset 25.20
De
cette façon, s'il n'y a pas une chose, il constate bien cette absence.
S'il y a un résidu, à propos de ce résidu, il comprend: "Quand ceci
est, cela est." Ainsi, ô Ananda, pour ce disciple, c'est aussi
l'arrivée dans une vacuité qui est vraie, non fausse et pure.
Verset 25.21
Et
encore, ô Ananda, un disciple, sans se concentrer sur la perception
concernant la " sphère de l'espace infini ", sans se concentrer sur la
perception concernant la "sphère de la conscience infinie", se
concentre sur le caractère unique fondé sur la perception concernant la
" sphère du néant". Sa pensée plonge dans la perception concernant la "
sphère du néant". Sa pensée s'y plaît. Sa pensée s'y établit. Sa pensée
s'y libère.
Verset 25.22
Alors il sait: Ici, il n'existe
pas de soucis qui se produisent à cause de la perception concernant la
"sphère de l'espace infini". Ici, il n'existe pas de soucis qui se
produisent à cause de la perception concernant la "sphère de la
conscience infinie". Ici, il y a seulement des soucis qui se produisent
à cause du caractère unique de la pensée fondée sur la perception
concernant la "sphère du néant".
Verset 25.23
Alors il
sait: "Cette aperception est vide de la perception concernant la
"sphère de l'espace infini". Cette aperception est vide de la
perception concernant la "sphère de la conscience infinie". Cette
aperception est non vide seulement du caractère unique fondé sur la
perception concernant la "sphere du neant".
Verset 25.24
De
cette façon, s'il n'y a pas une chose, il constate bien cette absence.
S'il y a un résidu, à propos de ce résidu, il comprend: "Quand ceci
est, cela est." Ainsi, ô Ananda, pour ce disciple, c'est aussi
l'arrivée dans une vacuité qui est vraie, non fausse et pure.
Verset 25.25
Et
encore, ô Ananda, un disciple, sans se concentrer sur la perception
concernant la " sphère de la conscience infinie", sans se concentrer
sur la perception concernant la " sphère du néant", se concentre sur le
caractère unique fondé sur la perception concernant la "sphère sans
perception ni non-perception". Sa pensée plonge dans la perception
concernant la "sphère ni de la perception ni de la non-perception". Sa
pensée s'y plaît. Sa pensée s'y établit. Sa pensée s'y libère.
Verset 25.26
Alors
il sait: Ici, il n'existe pas de soucis qui se produisent à cause de la
perception concernant la "sphère de la conscience infinie". Ici, il
n'existe pas de soucis qui se produisent à cause de la perception
concernant la "sphère du néant". Ici, il y a seulement des soucis qui
se produisent à cause du caractère unique de la pensée fondée sur la
perception concernant la "sphère sans perception ni non-perception ".
Verset 25.27
Alors
il sait: "Cette aperception est vide de la perception concernant la
"sphère de la conscience infinie". Cette aperception est vide de la
perception concernant la "sphère du néant". Cette aperception est non
vide seulement du caractère unique fondé sur la perception concernant
la "sphère sans perception ni non-perception".
Verset 25.28
De
cette façon, s'il n'y a pas une chose, il constate bien cette absence.
S'il y en a un résidu, à propos de ce résidu, il comprend: "Quand ceci
est, cela est." Ainsi, ô Ananda, pour ce disciple, c'est aussi
l'arrivée dans une vacuité qui est vraie, non fausse et pure.
Verset 25.29
Et
encore, ô Ananda, un disciple, sans se concentrer sur la perception
concernant la "sphère du néant", sans se concentrer sur la perception
concernant la "sphère sans perception ni non-perception ", se concentre
sur le caractère unique fondé sur la "concentration mentale qui est
sans indice". Sa pensée plonge dans la " concentration mentale qui est
sans indice". Sa pensée s'y plaît. Sa pensée s'y établit. Sa pensée s'y
libère.
Verset 25.30
Alors il sait: "Cette concentration
mentale qui est sans indice est un état conditionné. Elle est un état
produit par la pensée. Si une chose est conditionnée, si elle est une
production de la pensée, elle est sûrement impermanente; elle est
sujette à la dissolution."
Verset 25.31
Quand il sait
cela et quand il voit cela, la pensée se libère de la souillure du
désir sensuel; la pensée se libère de la souillure du désir
d'existence; la pensée se libère de la souillure de l'ignorance. Quand
il est libéré vient la connaissance: "Voici la libération."
Verset 25.32
Alors
il sait: "Toute naissance nouvelle est anéantie, la Conduite pure est
vécue, ce qui devait être accompli est accompli, plus rien ne demeure à
accomplir."
Verset 25.33
Il comprend: "Ici, il n'existe
pas de soucis qui se produisent à cause de la souillure du désir
sensuel. Ici, il n'existe pas de soucis qui se produisent à cause de la
souillure du désir de l'existence et du devenir. Ici, il n'existe pas
de soucis qui se produisent à cause de la souillure de l'ignorance.
Ici, il y a seulement des soucis qui se produisent à cause des six
sphères sensorielles conditionnées par cette vie, conditionnées par ce
corps."
Verset 25.34
Alors il sait: Cette aperception est
vide de la souillure dit "désir sensuel". Cette aperception est vide de
la souillure dite "désir d'existence et du devenir". Cette aperception
est vide de la souillure dite " ignorance". Ici, ce qui est non vide,
ce sont les six sphères sensorielles conditionnées par cette vie,
conditionnées par ce corps.
Verset 25.35
Ainsi, s'il n'y
a pas une chose, il constate bien cette absence. S'il y a un résidu, à
propos de ce résidu, il comprend: "Quand ceci est, cela est." De cette
façon, ô Ananda, pour ce disciple, c'est l'arrivée dans la vacuité
suprême, incomparable, vraie, non fausse et pure.
Verset 25.36
S'il
y a eu, ô Ananda, des religieux et des prêtres dans le passé le plus
lointain qui sont entrés et ont demeuré dans la vacuité complètement
pure, incomparable et suprême, tous ces religieux et prêtres entrèrent
et demeurèrent précisément dans cette vacuité qui est complètement
pure, incomparable et suprême.
Verset 25.37
S'il y a, ô
Ananda, des religieux et des prêtres dans le futur le plus éloigné qui
entreront et demeureront dans la vacuité complètement pure,
incomparable et suprême, tous ces religieux et ces prêtres entreront et
demeureront précisément dans cette vacuité qui est complètement pure,
incomparable et suprême.
Verset 25.38
S'il y a, ô Ananda,
des religieux et des prêtres dans le présent qui entrent et demeurent
dans la vacuité complètement pure, incomparable et suprême, tous ces
religieux et ces prêtres entrent et demeurent précisément dans cette
vacuité qui est complètement pure, incomparable et suprême.
Verset 25.39
C'est
pourquoi, ô Ananda, vous devez vous entraîner en disant: "Entrant dans
cette vacuité qui est complètement pure, incomparable et suprême, j'y
demeure."
Verset 25.40
Ainsi parla le Bienheureux. L'Ayasmanta Ananda, heureux, se réjouit des paroles du Bienheureux
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