Le Maître
dit : " Honneurs et richesses sont ce que l'homme désire le plus au
monde, et pourtant mieux vaut y renoncer que s'écarter du Dao. Humilité
et pauvreté sont ce que l'homme fuit le plus au monde, et pourtant
mieux vaut les accepter que s'écarter du Dao L'homme de bien qui se
départ du sens de l'humain (ren) n'est plus digne de ce nom ; l'homme
de bien est celui qui ne s'en départ même pas le temps d'un repas,
qu'il se trouve pressé ou ballotté par les événements ".
Le Maître
dit : " Un adepte du Dao est tout entier tendu vers sa réalisation.
Celui qui rougit d'être mal nourri ou vêtu ne vaut pas la peine que
l'on s'entretienne avec lui ".
Le Maître
dit : " L'adepte résolu du Dao, l'homme de ren véritable, loin de tenir
à la vie s'il en coûte au ren, la sacrifierait au besoin pour que vive
le ren ".
Le Maître
dit : " Qui le matin entend parler du Dao peut mourir content le soir
même ".
Anne Cheng
fait ce commentaire de ces Entretiens de Confucius :
Pour
Confucius, l'homme a une mission sacrée ; celle d'affirmer et d'élever
toujours plus haut sa propre humanité. Le sacré n'est plus tant le
culte rendu aux divinités, mais la conscience morale individuelle, la
fidélité à toute épreuve à la Voie (Dao), source de tout bien. Au nom
du Dao, l'homme de bien doit être prêt à " être méconnu des hommes sans
en prendre ombrage ", c'est-à-dire renoncer à tous les avantages et
signes extérieurs de la réussite et de la reconnaissance sociale et
politique.
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