TRANSCENDANCES

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, 29 mai 2010

Sans Transcendance la race humaine disparaitra.

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Le mot transcendance peut avoir plusieurs sens.

La Transcendance avec un T majuscule et toutes les formes de transcendances qui recouvrent les domaines les plus variés.

On dit de quelqu'un qu'il s'est transcendé lorsqu'il a été amené à se dépasser lui-même dans une activité. On dit aussi de quelque chose qu'elle est transcendante quand elle dépasse l'ordinaire et même le meilleur. Le terme transcendance revêt ici un aspect subjectif, parfois émotionnel et sentimental.

Cette forme de transcendance n'est qu'une pâle caricature. La transcendance ainsi dévoyée ne peut satisfaire au questionnement de l'humain sur son humanité.

L'homme ne sait plus où est sa place dans l'univers, son existence n'est plus inscrite dans plus grand que lui. Plus exactement,ce qui est plus grand que lui aujourd'hui n'est qu'une machine à broyer, à décortiquer l'humain, à l'utiliser, l'exploiter, en faire un outil de production. L'être humain est considéré sous l'aspect mécanique, cerveau, neurones, hormones, gènes, un corps dénué de souffles et d'énergie. L'homme ainsi considéré a perdu sa raison d'exister, les suicides se multiplient dans tous les milieux. La vie humaine n'a plus de valeur : peu importe qu'un enfant meurt de faim toutes les 3 secondes.

L'intérêt pour la conservation des espèces animales, la sauvegarde de la planète, est devenu plus important que la sauvegarde de l'humanité.  Cette humanité qui n'est plus présentée que comme une composante de la bio-diversité, une composante néfaste et destructrice.

Existe-t-il quelque élément qui soit spécifique de l'humain ? Celui-ci n'est-il qu'un joyeux hasard de la nécessité ? Pour reprendre le terme de Jacques Monod : le hasard ou la nécessité.


L'humain n'est pas sans ressentir comme une sorte d'appel vers un au-delà de lui même. Un obscur sentiment de venir d'ailleurs et d'aller ailleurs.

Les questions philosophiques : qui suis-je ? où suis je ? où vais-je ?
sont des questions aujourd'hui mises sous le boisseau, des questions qui ne sont plus d'actualité, qui font sourire, des questions qui ne méritent pas que l'on s'y attarde. Dans un monde où le temps est de l'argent, les poser est du temps perdu.

Il y a une manière de questionner qui n'en est pas une : la manière sceptique et désabusée : on pose des questions sans attendre de réponses . Une attitude très à la mode,  ne croyant plus rien,  n'attendant plus rien de personne, on avance sur des sables mouvants. L'homme est devenu son dieu, il sait avant d'avoir appris, il interprète ce qu'il reçoit dans le sens qui lui convient, sans aucune remise en cause. C'est alors le dégoût et le désespoir qui entrainent une dévalorisation de l’existence humaine.  

La transcendance est peut-être le trait le plus spécifique de l'être humain, ce qui lui donne sa valeur, sa place à part dans l'histoire.  Ne reconnait-on pas la présence humaine dans les âges anciens, à l'existence de sépultures, de peintures, de ce qui marque un effort de compréhension du sens de la vie et d'aspiration à l'éternité ?

***

Les Transcendances sont diverses de l'animisme au monothéisme, de Lao Tseu aux enseignements du Bouddha, de l' Évangile à la révélation Coranique.

Sans transcendance, plus de civilisation, sans transcendance, l'homme vit, non plus à genoux, mais à plat comme un mollusque. Sans transcendance la race humaine est menacée de disparition.

Je dis race et non espèce, l'espèce humaine peut fort bien survivre, mais la race, celle dont on peut dire : celui ci est de race noble, de la race des hommes courageux, la race de ceux qui vivent debout,  la race, elle, est en voie de disparition au profit d'une espèce assoiffée de pouvoir et de possession. Une espèce barbare qui détruira le monde.

Que reste-t-il de l'humain quand la Transcendance disparaît ? 

Mary

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, 2 mars 2010

Théologie et transcendance


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En son temps, André Malraux, s'interrogeait sur l'avenir d'une civilisation qui a perdu le sens de la transcendance.


Soixante années plus tard, nous sommes entrés dans le XXIe siècle et nous voyons que cette interrogation n'était pas vaine.


L'homme est malade et désemparé, comme au temps des grandes épidémies, il est de nouveau dominé par la peur . Mais aujourd'hui, l'homme n'a plus de recours.


Vers quel dieu peut-il se retourner.La religion chrétienne a perdu sa transcendance, elle est puissance au service de la finance. Que penser, en effet, d'une religion qui s'inscrit jusque sur les billets de banque de la monnaie la plus forte du monde. " En Dieu nous croyons" et d'un Vatican qui sert de refuge pour le blanchiment d'argent.


Dieu n'est plus qu'un objet manipulable, la science n'a pas tenu ses promesses, elle ne peut plus qu'avouer son ignorance ...

Le mythe du progrès constant s'est effondré...


Quant au bouddhisme, en occident, il apparait bien déformé. Certains font du Dalai Lama un dieu, d'autres se réfugient vers le bouddhisme parce qu'il n'y a pas de dieu...


La question n'est pas si simple .


Dans le taoisme ou dans le bouddhisme, ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de dieu, qu'il n'y a pas de divin... ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de dieu, qu'il n'y a pas de transcendance.


La théologie est la recherche d'un discours sur dieu, une sorte de tension pour approcher la divinité par la logique. La transcendance est sans discours, c'est la perception qu'a l'homme de venir d'ailleurs et d'appartenir à plus grand que lui même.


Mais pour exister la transcendance a besoin de cadres et de repères, sinon c'est la dissolution dans le vide sidéral ... Cet espace infini qui effrayait Pascal.


Sans un point qui le tire vers le haut, l'homme perd sa verticalité, le nombril est devenu son repère. Replié comme un escargot dans la spirale de lui-même, il veut son bien être, sa réalisation, épanouir sa personnalité. Alors surgit l'angoisse, cette personnalité si épanouie soit-elle est vouée à mourir et disparaitre...


Dès sa conception, l'homme comme tout ce qui vit, est inscrit dans l'éternité et qu'on le veuille ou non, il a un destin... Ce destin qu'il voudrait maitriser et qui lui échappe sans cesse...Il a voulu en devenir le maitre, il est devenu fou.

Retrouvera-t-il en ce XXIe siècle le chemin de la sagesse et de son humanité, ou bien s'autodétruira-t-il dans le désir insensé de sa toute puissance ?

Rien n'est encore tranché.



En guise de conclusion ou d'introduction comme on veut :


Quelques réflexions d'André Malraux


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« on m’a fait dire : Le XXI° siècle sera religieux ou ne sera pas. La prophétie est ridicule ; en revanche je pense que si l’humanité du siècle prochain ne trouve nulle part un type exemplaire de l’homme, ça ira mal…Et les manifestations [de mai 68] et autres ectoplasmes ne suffiront pas à l’apporter. »


<< L'homme ne se construit qu'en poursuivant ce qui le dépasse [...] toute la civilisation moderne [...]a substitué un fantôme aux profondes notions de l'homme qu'avaient élaborées les grandes religions.


Chacune de celles-ci rendait compte à sa manière de la grandeur humaine. La science, non [...] Le drame de la civilisation du siècle des machines n'est pas d'avoir perdu les dieux, car elles les a perdus moins qu'on ne dit: c'est d'avoir perdu toute notion profonde de l'homme.


[...] Depuis cinquante ans, la psychologie réintègre les démons dans l'homme. Tel est le bilan sérieux de la psychanalyse.


Je pense que la tâche du prochain siècle, en face de la plus terrible menace qu'ait connue l'humanité, va être d'y réintégrer les dieux >> . 1955


«Quand aucune transcendance n'entre en jeu, le sentiment le plus secret et le plus poignant des hommes est souvent: comment faire pour ne pas penser à l'essentiel?»